Bon ben Rani c’est encore une bonne grosse daube full of clichés.
Ya la bombasse libre et fière qui refuse l’époux imposé, s’habille en homme, apprend à se battre, perd sa virginité hors des liens sacrés du mariage… bref, veut choisir son destin. Le gros méchant vilain avec rien à sauver, qui tue son père et sa maîtresse, viole sa fiancée et essaie de se taper sa sœur (s’il n’avait eu qu’un seul de ces vices il aurait déjà été sacré Monsieur Cliché himself, mais là c’est carrément un collector). Et le premier amant beau, courageux, moitié Irlandais moitié Anglais – mais comme de bien entendu tout ça avec l’accent parigot -, doux, tellement parfait qu’il faut bien qu’il meure au lendemain de la 1ère nuit d’amour, histoire que l’amour devienne mythique – et qu’on puisse le faire surgir du chapeau magique de la résurrection télégénique plus tard dans la série (mais bon il n’a pas de très jolies fesses quand même)… Ah et puis j’ai oublié le meilleur ami, robin des bois noir, chef d’une bande de brigands sauvages qui ont le bon droit avec eux puisqu’il se battent pour détrousser les riches au profit des crève-la-faim (l’éternel combat de la gauche contre la droite en fait). Ah oui, et puis ya la petite amie de Robin des bois, forcement une rousse sensuelle et jalouse qui menace l’héroïne avant de devenir sa meilleure amie (je présume… ah non, je me suis trompée pour la rousse, elle ne deviendra la meilleure amie de personne. Dans ce monde cruel, ton mec te trompe, tu le trahis pour te venger, et couic… il te fait le cou(p) du lapin.). Tiens d’ailleurs, je ne savais pas que le peuple était déjà appelé « les damnés de la terre » au XVIIIème… quand même, on en apprend, des trucs, sur France Télévision… Bientôt le grand black va monter sur un rocher et haranguer les prolétaires pour leur prêcher la revolution contre le Grand Capital… port’nawak.
Tout ça of course sur fond de cavalcades endiablées (ironie), de combats au corps-à-corps sauvages entre femelles dans la boue (ironie aussi – on dirait une bataille de gamines de 8 ans malgré le classicisme du fantasme mis en scène), et de cuisses, d’exotisme à peu de frais (hop, deux-trois turbans, une série de saris et on est en Inde), et bien sûr de fesses et de nichons ballotants (mais pas de foufounes, ou pas trop, on est quand même sur France 2). C’est pas franchement mieux filmé qu’un téléfilm érotique de M6, et dans les scènes d’action il faudrait appuyer sur avance rapide pour sentir vraiment le dynamisme haletant du schmilblic, mais quoi… c’est la crise.
Suite de la série de cliches, l’héroïne, toujours libre et fière (mais plutôt comme Diego… dans sa tête) est faite esclave et obligée de se prostituer. Sauf qu’elle veut pas, ah bah voilà. Pas qu’elle veuille pas coucher, hein, parce que comme dit plus haut, elle n’a froid ni aux yeux ni ailleurs la jeune dame, mais rapport à sa fière liberté, tout ça tout ça. Arf j’ai oublié de dire aussi qu’elle couchait avec sa meilleure amie au couvent – c’est connu, les petites jeunes filles enfermées au couvent avant qu’on les marie se mignottent toutes la chattoune au plus noir de la nuit, quand les nonnes ont le dos tourné… En fait cette série c’est juste un gros prétexte pseudo-culturel pour diffuser du cul en prime time sur France Television. Le XVIIIème siècle a bon dos quand même – sous prétexte de série historique on nous vend du libertinage à la sauce fantasmes de notre temps.
Bref, en deux épisodes, l’héroïne a quand même eu le temps de : coucher avec une femme, perdre son père, perdre son héritage, découvrir que son frère est un ignoble salaud, esquiver un mariage peu ragoûtant, s’enfuir, penser au suicide, être sauvée du suicide par un bel étranger, montrer un peu ses seins, se faire piéger dans un immonde complot, perdre la confiance de sa meilleure amie, se faire arrêter, se faire condamner à mort, esquiver une tentative de viol, tenter de s’enfuir, se faire attraper, se faire délivrer, montrer beaucoup plus ses seins, perdre sa virginité / coucher avec un homme, tomber amoureuse, montrer ses seins ET ses fesses, perdre (à ce qu’elle croit) son grand amour, se re-faire arrêter, se re-faire délivrer, vivre avec les brigands, apprendre à manier l’épée, se battre dans la boue, se faire trahir, perdre son meilleur ami, se re-re-faire arrêter, se faire passer pour une autre, se faire envoyer aux colonies, devenir une esclave, se faire acheter par une mère maquerelle, montrer ses seins, ses fesses ET ses poils pubiens, refuser de coucher avec son client, s’enfuir, se re-re-re-faire arrêter et… ouf, non, c’est bon, c’est tout pour ce premier mercredi. Franchement je suis épuisée.
La suite au prochain épisode…